22.08.2009
Restons vigilants pour que le Gabon change !
La police reste toujours prête à tirer sur la rue. Seules les cameras peuvent l'en dissuader ! Il faut y croire trés fort ! el pueblo unido ... a encore huit jours à attendre ... avant un coup d'état constitutionel ! magouille des listes electorales, boubous et tshirts, clientelisme, rap et showbiz, blocage des communications internet, acquintances avec la françafric, repression et compagnie : Gloria Mika demande de l'aide à la communauté internationale et propose aux journalistes d'accorder plus d'attention au processus électoral au Gabon.
La Conscience par le Dr Tumba Tutu-De-Mukose
La quasi totalité des dirigeants africains sont bardés des titres universitaires obtenus dans des grandes universités occidentales et américaines. Le long de leurs cursus universitaires, ils ont du faire l'expérience des démocraties occidentales. Malgré cette expérience, nous sommes étonnés de constater que les élites africaines, une fois au pouvoir dans leurs pays, sont incapables d'appliquer les règles de la démocratie tant vantée. La démocratie serait-elle un "luxe" pour les africains? Le pouvoir en Afrique doit-il être légitimé par les armes ou par le vote populaire? Le non respect des textes constitutionnels par les gouvernants n'est-il pas antidémocratique? Comment pourra-t-on parler de l'État de droit aussi longtemps que les lois fondamentales (constitutions) ne sont pas prises en considération. A quoi servent les élections si elles sont toujours truquées et boycottées?
L'Afrique ne doit pas compter toujours sur l'aide extérieure pour résoudre ses problèmes. Avoir facilement accès aux soins, éducation pour tous, libre circulation des personnes et biens, sans contrainte ni tracasseries policières, création et maintien du pouvoir d'achat des gouvernés, liberté d'entreprise; telles sont les aspirations de base des peuples africains, reprises souvent dans les campagnes électorales. Mais les hommes politiques marrons de tout bord, une fois au pouvoir, ils oublient toutes les promesses électorales et se sentant en position de force, imposent leur volonté qui se transforme en dictature tant décriée. Doit-on voir dans chaque conflit armé en Afrique, la main cachée de l'extérieur ? Qu'est-ce qui empêche les fils et les filles d'un même pays (patriotes et nationalistes) à s'entendre, à s'asseoir autour d'une table (palabre) pour discuter de l'avenir de leur pays? Faut-il attendre l'intervention de l'extérieur pour que cela soit possible? A quand la prise de conscience? L'Afrique est-elle condamnée à vivre des conflits armés éternels? Les Africains doivent se réveiller pour prendre leur destin en mains. L'étranger qui sème le trouble chez nous en nous armant pour que nous nous entre-tuons n'en a cure de misères de nos peuples. Qu'ils crèvent de famine, des guerres civiles ou des maladies facilement éradiquables... Ce qui importe pour lui, c'est l'exploitation de nos matières premières... Il devient impératif que les Africains se sentent maîtres de leur destin, qu'ils se sentent propriétaires de leurs matières premières (produits du sol et du sous-sol) et qu'ils puissent créer des structures régionales devant fixer les prix de leurs matières premières. Ce n'est pas le FMI ou la Banque Mondiale qui doivent nous gouverner avec leur politiques d'ajustement structurels ...
Le chemin est long... Prenons conscience ... car nous avons beaucoup de ressources.
11:56 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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19.08.2009
Gabon : La facture salée de la campagne
Le lancement de la campagne électorale le 15 août dernier a ouvert le bal à un étalage ostentatoire de très lourds moyens financiers et techniques des candidats à l'élection présidentielle du 30 août. Mais cette campagne «à l'américaine» menée par certains candidats correspond-elle au niveau de vie réel du pays, où on compte encore 80% de pauvreté et 25% de chômage ?
Campagne électorale oblige, les candidats au fauteuil présidentiel ont cassé leurs tirelires pour déployer leurs stratégies de communication sur l'étendue du territoire national et briguer les suffrages des Gabonais.
Depuis l'ouverture des joutes le 15 août dernier, Libreville s'est parée de riches affiches, d'écrans géants, de banderolles multicolores et dans tous les quartiers grouillent meetings et concerts gratuits.
Mais ces affiches géantes et reluisantes des candidats cachent mal la misère dans les bidonvilles où s'entassent plus de la moitié des Gabonais.
Si les périodes de campagne ont toujours été l'occasion d'étalages ostentatoire de puissants moyens financiers, celle-ci est peut-etre l'une des plus coûteuses, non seulement au regard du nombre élevé de candidats, mais aussi des moyens exceptionnels débloqués cette année. Cette situation met en relief un contraste fort, celui du niveau de vie réel des Gabonais.
Les indicateurs du Gabon ont en effet de quoi rendre honteux cet étalage de moyens financiers et techniques. Les données sociales sur le Gabon montrent que le pays affiche un niveau de pauvreté de près de 80% de la population, pour un taux de chômage de 25%.
Une enquête gabonaise pour l’évaluation et le suivi de la pauvreté (EGEP) établie en 2005 indiquait un PIB annuel de 3 millions de francs CFA par habitant, alors que plus de la moitié des Gabonais vivaient avec un peu moins de 1000 francs CFA par jour.
Selon le classement 2008 du revenu par habitant, le Gabon se positionne au 3e rang africain avec plus de 5 millions de francs CFA (10 941 $) par an par habitant, mais «la prétendue richesse des Gabonais est fictive. Le revenu par habitant est une donnée indicative de ce que pourrait être une redistribution équitable des fruits de la croissance. Et non un acquis à faire bomber le torse», révèle un cadre du ministère gabonais des Finances.
Pourrait-on solliciter des candidats à la facture de leur campagne électorale, et qu'ils puissent justifier de la provenance de ces fonds?
"How could you be sitting there and tell me that you care" Bob Marley
23:21 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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11.08.2009
Travailler comme une africaine ...
La surcharge de travail des femmes africaines entrave le développement économique du continent
Une enquête pointe la nécessité de prendre en compte le temps de travail domestique. A rapprocher de la dernière note de Thomas sur André Gorz, qui disait: "pour montrer que toute richesse, toute création de richesse, à un fondement qui n’est pas économique, qui est pré économique, post économique, qui renvoi à une toute autre forme d’économie ou de rapport à la nature et à la matérialité, que l’économie capitaliste.
C’est la différence et la contradiction entre richesse et valeur."
Un nourrisson noué dans le dos, une bassine de manioc ou un fagot de bois maintenu sur la tête : les femmes africaines déambulent rarement les bras ballants. Si l'intensité de leur travail, aisément perceptible, relève de l'évidence, leur contribution à l'économie passe largement inaperçue. Ainsi, le taux d'activité des femmes africaines (62 %) est supérieur à celui qui prévaut en Europe (49 %). Mais, reléguées dans des activités informelles, voire non marchandes, et assignées aux tâches ménagères, elles ne pèsent guère dans les indicateurs qui reflètent l'état des sociétés et sont censés inspirer les politiques.
Un chercheur de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), Jacques Charmes, a entrepris depuis des années de lever le voile sur la réalité de l'emploi du temps des Africaines, en enquêtant minutieusement sur leurs activités quotidiennes. Afin de leur rendre justice et d'inciter à un partage plus équitable des tâches entre les sexes. Mais aussi pour montrer de quelle façon la surcharge de travail qui pèse sur les femmes compromet le développement économique.
On se doutait que les femmes africaines, comme d'autres, travaillaient davantage que les hommes. Grâce à M. Charmes, directeur du département société et santé de l'IRD, on sait que le fossé est à la fois énorme et variable selon les sociétés.
Ainsi, selon une enquête menée au Bénin, hommes et femmes passent autant de temps dans des activités économiques proprement dites. Mais si l'on tient compte des tâches domestiques, la durée du travail quotidien des Béninoises dépasse de plus de deux heures et demie celui de leurs compagnons. L'inégalité se creuse en particulier parce que les tâches vitales que sont le portage de l'eau et du bois incombent largement aux femmes. En comparaison, les sociétés sud-africaines et malgaches apparaissent moins inégalitaires. Le surcroît de travail des femmes n'y est " que " de 55 minutes. Il s'élève à 38 minutes en France.
Ces lourds déséquilibres ne sont pas seulement choquants, ils ont de lourdes conséquences économiques. Occupées à des activités sans salaire - elles aident aux récoltes que les hommes vendent ensuite -, elles sont en outre accaparées par des tâches domestiques telle la préparation des repas, le soin des enfants, des personnes âgées et des handicapés. " Ce double emploi du temps les empêche de consacrer plus de temps aux activités marchandes, plus productives, analyse Jacques Charmes. Ce qui explique le phénomène dit de "féminisation de la pauvreté". "
Dans les pays riches, l'entrée massive des femmes sur le marché du travail s'est accompagnée de la mécanisation de certaines corvées (électroménager) et de la socialisation d'autres (crèches). Evidemment, il n'en est rien dans les pays africains, où les tâches se cumulent.
A quoi sert-il d'étudier l'emploi du temps des femmes africaines ? " A faire prendre conscience aux hommes du fait que le travail des femmes est au moins aussi important que l'activité marchande dont ils ont le quasi-monopole ", répond le chercheur. S'il pouvait être évalué totalement, le labeur féminin générerait une hausse de 50 % à 100 % du PIB, estime-t-il. Ainsi réévalué, le PIB " permettrait de rendre plus visible la contribution des femmes au bien-être général ". Reflétant mieux la réalité, il expliquerait ce qui relève aujourd'hui du mystère pour l'observateur non averti venu des pays riches : comment des centaines de millions d'Africains parviennent à vivre avec moins de 2 dollars par jour.
Mais, pour l'heure, Jacques Charmes regrette que ses enquêtes, si elles alimentent les beaux tableaux statistiques de l'ONU, aient peu d'impact sur les décideurs politiques, et a fortiori sur la réalité. " Si le rôle clé de la scolarisation des femmes comme levier du développement est admis, peu d'actions portent sur leur emploi du temps, donnée pourtant centrale dans la recherche de l'égalité et de l'autonomisation ", déplore-t-il.
La création de services publics permettant de prendre en charge les activités pesant sur les femmes (garde des enfants, soins aux malades) devrait être la première conséquence logique de cette prise de conscience. De même que la multiplication des points d'eau qui évitent la corvée des seaux. Dans un village malien a été mise en évidence la corrélation entre l'aménagement de bornes-fontaines et la diminution de la mortalité juvénile. Non pas pour des raisons sanitaires - la qualité de l'eau, mal stockée, restait déplorable - mais parce que les femmes ont gagné alors du temps pour prendre soin des bambins.
Philippe Bernard © Le Monde
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